Lorsque que l’on souhaite couvrir l’événement International CES en vue de contempler tout ce qui tourne autour de la domotique, on ne voit pas le temps passer. Et parmi les étapes incontournables il y a la Z-Wave Alliance. Sur son grand stand sont réunies plusieurs entreprises membres. Chacune vient présenter ses produits, ses nouveautés bref son innovation. Vous vous en douterez tous embarquent la technologie Z-Wave. Les discussions que l’on peut avoir avec chaque constructeur nous permettent de découvrir des produits qui sont sur le point de sortir ou bien ceux qui sont en gestation dans la pensée innovante des industriels. Par contre, lorsque l’on souhaite en savoir un peu plus sur le devenir du protocole Z-Wave c’est à la Z-Wave Alliance qu’il faut s’adresser. Comme vous, Domadoo, Abavala, Maison-et-Domotique, TouteLaDomotique et Zaepffel.net avions besoins de réponses concernant ce protocole, nos questions ont été adressées directement  à Mark Walters le Président de la Z-Wave Alliance. Tout simplement.

C’est vrai non? Qui serait le mieux placé pour répondre à nos questions concernant le présent et l’avenir du Z-Wave si ce n’est la personne qui est à la tête de la Z-Wave Alliance? C’est avec beaucoup de gentillesse que Mark Walters nous a accordé tout le temps nécessaire pour répondre à nos questions. Avant l’entretien, nous avons préparé nos questions communes et c’est Hervé C. qui a été mandaté par le groupe de blogueurs pour mener l’interview au nom de la Team. Nous avons donc rencontré Mark Walters dans un salon privé en plein milieu du Centre de Conventions qui accueillait le CES.

Il y aurait eu plein de choses à demander et en retour une foule d’informations à recevoir. Lors de l’interview nous nous sommes focalisés sur 5 points qui nous paraissaient important d’aborder avec Mark Walters.

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Qu’est-ce que la Z-Wave Alliance?

Sur le site de la Z-Wave Alliance on retrouve la définition suivante:

L’Alliance Z-Wave est un consortium de plus de 300 principaux fabricants et fournisseurs de services à travers le monde qui se consacrent à des produits de contrôle sans fil interopérables basés sur le standard ouvert Z-Wave. Z-Wave est une technologie clé permettant de construire l’«Internet des choses».

Lors de l’entretien, Mark revient sur cette définition et la complète. La Z-Wave Alliance est l’organisme faisant la certification et la promotion dans le monde du protocole Z-Wave. En certifiant les périphériques bâtis sur cette technologie, elle est le garant de leur interopérabilité.

Proposant une couverture mondiale en étant implémentée dans 78 pays, la dimension internationale du rayonnement du Z-Wave est une réalité. La complexité de déploiement est liée à la fréquence utilisée qui fait que chaque pays (ou région) doit apporter sa certification au protocole avant qu’il ne puisse s’y déployer.

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Les problèmes techniques rencontrés par les clients

Après les généralités importantes permettant de situer l’Alliance et le protocole dont elle est le porte parole, il était également important de rentrer dans le vif du sujet: le quotidien des clients qui installent une domotique Z-Wave chez eux.

Si vous avez installé des produits Z-Wave vous n’êtes pas sans savoir que la première étape, celle qui permet à votre module tout récemment acquis d’être reconnu par votre centrale domotique, peut être quelque  peu… consommatrice de temps. En fonction de votre box et en fonction du périphérique acheté, l’appairage ne se fait pas tout le temps du premier coup. Mark Walters nous apporte sa vision du problème et ses conseils de résolution. En retraçant l’historique de cette étape dans le temps il nous permet de comprendre un peu plus les difficultés rencontrées. La première méthode historique d’appairage du protocole utilisait un signal à basse puissance trop conservatrice. Elle a passé le relais à un appairage utilisant une puissance classique mais dont le prérequis reste que la centrale et le composant soient en liaison directe (10m max). Aujourd’hui le « Network Wide Inclusion » permet d’accueillir le nouveau module en utilisant le maillage en place ce qui n’était pas possible auparavant.

La consommation des périphériques à piles a également été abordée. Excessive chez certain produits, elle contraint le consommateur à changer très (trop) fréquemment la source d’alimentation. Le Z-Wave Next Gen ou Série 500 ou également nommée Z-Wave Plus propose une consommation réduite par rapport à la consommation des puces précédentes. Cela dit, pour Mark Walters une consommation excessive venant de produits disponibles aujourd’hui sur le marché viendrait soit d’un produit mal construit ou défaillant soit d’une mauvaise installation par le client.

Une précision importante est que cette mauvaise installation peut tout à fait être involontaire et n’est pas forcément de sa responsabilité. En effet, il faut savoir que les périphériques peuvent être réglés et paramétrés de manière logicielle. Ils peuvent donc sortir de l’usine sans que ces paramètres de fonctionnement optimums soient mis en place par le constructeur. Pour remédier à cela, la Z-Wave Alliance a intégré à la longue check list de conditions à remplir afin d’obtenir la certification, une phase de vérification des valeurs de paramétrage en sortie d’usine. Cela devrait permettre aux produits commercialisés d’être réglés de manière à proposer une durée de vie minimum des piles de 1 an à 1 an et demi, sans que le client ne soit obligé d’intervenir. En cas de problèmes sur des produits il ne faut pas hésiter à contacter les revendeurs ou le fabricant. La Z-Wave Alliance est également là pour servir d’intermédiaire si les discussions précédentes n’ont pas été fructueuses.

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Le Z-Wave face au protocole IP

Les objets connectés prennent de plus en plus le devant de la scène. Souvent leur capacité à discuter avec leur environnement direct ou distant passe par l’utilisation du protocole IP. Nous avons demandé à Mark Walters de nous apporter sa vision des choses et de nous présenter les avancées du protocole Z-Wave afin d’assurer une interopérabilité avec le protocole IP.

Pour Mark Walters, le protocole IP est connu et reconnu. Il a fait ses preuves et est disponible partout: il est mondial. Il serait universel si son efficience dans le cadre de petites communications était meilleure. Il peut être trop lent, trop long à mettre en oeuvre et trop consommateur en énergie. La proposition de la Z-Wave Alliance est de conserver le Z-Wave pour discuter avec les modules installés auprès des ampoules, des interrupteurs et autres prises et d’utiliser la technologie ZIPR (Z-Wave over IP)  qui est une passerelle logicielle qui peut présenter sur n’importe quel réseau IP l’ensemble des périphériques Z-Wave comme étant des périphériques IP. Tous les modules Z-Wave auront alors une adresse IPV4 ou même IPV6, les commandes Z-Wave pourront être envoyées comme des commandes IP, et inversement. Cette passerelle permet de jouer un rôle de fédérateur du meilleur des 2 mondes. Des industriels proposant cette passerelle ZIPR devrait faire leurs annonces dans les prochaines semaines.

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L’avenir du Z-Wave

Concernant l’Alliance, les efforts vont être mis sur le développement du rayonnement du protocole. De nouveaux pays sont sur la liste de commercialisation. Dans le grand marché que représente la Chine par exemple, l’Alliance sera encore plus présente dans les salons cette année. La formation des développeurs de solutions Z-Wave sera accrue cette année encore afin de proposer des séances de qualité un peu partout dans le monde. La formation des installateurs de solutions Z-Wave, qu’ils soient professionnels ou simple particuliers n’est pas oubliée. Une formation online sera proposée afin d’en faciliter son déploiement dans les maisons.

Concernant la technologie Z-Wave elle même, la Z-Wave Alliance continue d’héberger les groupes de réflexion et de travail pour l’amélioration de la norme, du process de certification, … Ce que Mark a bien voulu nous indiquer c’est que l’on devrait voir arriver un peu plus de produits embarquant la technologie ZIPR. Les discussions avec le gouvernement américain sont également en cours afin d’intégrer le mieux possible la domotique Z-Wave dans le programme Smart America qui consiste à utiliser l’Internet des Choses (ou Cyber Physical Systems) pour discuter efficacement avec les Smart Cities.  La Z-Wave Alliance souhaite également être plus présente dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées afin d’apporter des réponses adaptées en terme de produits et de scénarii.

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Conclusion

L’annonce des 1000 produits certifiés lors du CES 2014 (qui sont en fait déjà plus de 1020 produits) permet à la Z-Wave Alliance de garder un certain enthousiasme et une réelle volonté de continuer à aller de l’avant pour cette année à venir. Sans faire trop de pronostiques elle s’attend à pouvoir proposer au consommateur un nombre de périphériques certifiés « plus proche de 2000 que de 1000 ».

Encore une fois merci à Mark Walters d’avoir bien voulu répondre à nos questions à l’occasion du CES 2014. Après ce résumé, je vous laisse maintenant consulter l’intégrale de cette interview dans la vidéo en Anglais ci dessous.

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A propos de l'auteur

Ingénieur de formation et blogueur par passion. En quête d’innovations, de concepts, de technologies, de systèmes, d’objets ou de services qui peuvent apporter des solutions concrètes pour résoudre tous ces “petits” tracas de la vie quotidienne…

3 commentaires

  1. David BATAILLE le

    Bonjour
    On parle toujours de périphériques mais ce qui pose problème aujourd’hui, c’est d’avoir un support fiable (de box en l’occurrence) pour supporter ces périphériques. Absolument rien sur le sujet. Quand on voit la qualité des produits sur le marché (je possède un HC2), je suis de plus en plus sceptique sur le devenir de la techno…. On certifie les périphériques, à quand une certification des box !!!!

    • Cela dépend en effet des fabricants de box. Le Z-wave étant normalisé, tout ce qui est périphérique « simple » type On/Off par exemple, sera reconnu par l’ensemble des box sans se poser de question. Ca se complique avec les périphériques un peu plus évolués, embarquant plusieurs fonctionnalités: là, souvent, les fabricants de box doivent en effet travailler sur son intégration. Certains comme eedomus ou Jeedom sont très rapides, d’autres comme Vera ou Fibaro mettent en effet un peu plus de temps.

    • David BATAILLE le

      je parlais aussi de la certif en terme de fiabilité, pas seulement de fonctionnalités… je pense qu’ils auraient dû imposer un cahier des charges à tous les fabricants de box avec des spécifications, un dossier de tests imposé, etc. Libre ensuite au fabricants de box de proposer des fonctions supplémentaires. Cela permettrait au moins de pouvoir se reposer sur un produit fiable à minima qui reste le coeur de toute installation… sans cela, je crains une lassitude des utilisateurs, un retour vers le DIY. Force est de constater qu’aujourd’hui, il est difficile de conseiller quoique ce soit à cause des soucis de fiabilité…

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