Disposer de parties communes connectées peut être utile pour les particuliers mais aussi professionnels pour obtenir des informations précises de son environnement au bout du doigt.

1- Pour débuter ce nouvel épisode peux-tu nous décrire qui tu es et quel est ton background ?

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Fabien BOIGNE, Chef de projet au Pôle Performance Durable au sein de VINCI Construction France. J’ai un passé de mainteneur et notamment sur les PPP et autres contrats avec engagement énergétique.

Aujourd’hui je suis ces contrats sur la partie conception – construction. J’ai aussi pour rôle d’accompagner les filiales de construction Vinci sur les sujets de smart dans le bâtiment, à la fois sur la GTB et la domotique.

2- Quel est l’intérêt d’avoir des parties communes connectées ?

L’intérêt est d’avoir des informations à distance sur les résidences connectées à destination des mainteneurs ou des gestionnaires. On peut aussi développer des services aux résidents et les sensibiliser par exemple sur les consommations d’énergie de leur résidence.

On peut aussi commencer à parler de conciergerie connectée (laverie connectée, réseau social résidence, réservation de locaux communs, interphonie connectée…) qui va plus loin en termes d’échanges entres
occupants et de services, qui nécessite souvent un deuxième acteur en phase construction et maintenance (en plus de celui qui gère la domotique).

3- Quels sont les automatismes possibles dans des parties communes ?

Nous ne proposons généralement que très peu d’automatisme pour les parties communes car les fonctionnements sont soit très basiques, soit trop complexes pour être remontés et/ou utile sur une interface domotique.

L’éclairage intérieur est souvent sur détection, et on pourrait gérer l’éclairage extérieur via un programme horaire.

4- Quelles sont les informations utiles pouvant être récupérées dans des parties communes ?

Les informations utiles demandées par nos clients sont surtout des synthèses de défauts électriques de divers équipements et des remontées de compteurs généraux. Il peut être aussi utile de remonter certains défauts pour les communiquer directement aux résidents comme les pannes ascenseurs.

Il y a aussi des informations possibles via des équipements connectés tels que des boîtes à colis connectés sur lesquels les résidents sont informés et peuvent récupérer leurs colis ou encore les laveries connectées qui peuvent donner des informations de disponibilité, de durée de lavage. On parle plus ici de e-conciergerie qui peut nécessité un acteur tierce à celui qui gère la domotique.

5- Comment les occupants de l’immeuble peuvent consulter ces informations ?

Il peut y avoir plusieurs façons de consulter ces informations en fonction du type d’information remontée :

Les informations techniques pour le gestionnaire sont généralement remontées sur un poste via une page web, on remonte des informations de défauts, de comptage et une interface pour piloter les affichages en parties communes.

Pour l’utilisateur, il peut y avoir un écran dans le hall qui peut diffuser des informations générales ainsi que des messages du gestionnaire.

Sur l’application des résidents, il peut y avoir un envoi de notification (exemple ascenseur en panne).

6- Quelle solution peut être utilisée et pourquoi ?

Il y a deux cas de figures, soit on utilise un système GTB classique avec un automate et des vues GTB qui sont plus adaptées pour récupérer des informations sur des production ou sur la distribution. Mais qui nécessitent la mise en place d’un certain type d’automates et de logiciel pour ne relier que quelques équipements techniques.

Soit on utilise un système domotique (surtout dans le cas où il y a de la domotique dans les logements afin de mutualiser les solutions) qui doit être par contre compatible avec des protocoles orientés GTB et filaire (comme par exemple la solution Jeedom), si on veut pouvoir récupérer certaines informations notamment sur les productions de chaleur. L’intérêt d’utiliser la même technologie que celle des logements connectés de la même résidence est d’optimiser les coûts, de limiter les types de technologie ainsi que le nombre d’intervenants.

7- Les occupants peuvent-ils consulter d’autres informations utiles concernant son quartier ou sa ville ?

Ce sont généralement les informations demandées par nos maîtres d’ouvrages dans les halls par exemple. Nous devons afficher des informations concernant le trafic, la météo ou permettre au gestionnaire de diffuser des messages aux résidents.

Selon ce que demande le maître d’ouvrage, on peut aussi permettre au gestionnaire d’interagir avec les résidents avec une partie de l’écran du hall dédiée à des messages, ou encore un affichage d’une page web propre au maître d’ouvrage sur laquelle il a l’habitude de diffuser ses propres informations.

8- Tout type d’immeuble peut disposer de parties communes connectées ?

Il n’y a pas de frein technique pour disposer de parties communes connectées. Le tout est de bien définir le mot « connecté ». Il est aisé de transmettre des informations de trafic ou de météo, il est plus compliqué de remonter des compteurs ou des défauts de VMC. Il n’y a généralement pas besoin d’une modification lourde des installations techniques pour récupérer de l’information.

9- Disposer de parties communes connectées représentent-elles un surcoût important en termes de charges de copropriétés ?

Il y a d’une part un surcoût dû à la maintenance et le renouvellement des équipements mis en place (modules, automates, box domotiques…). Cependant, cela peut optimiser les interventions de maintenance et limiter les campagnes de relève de compteurs par exemple.

Aujourd’hui il est difficile de chiffrer le deuxième impact, cependant, le nombre d’équipement nécessaire à la remontée d’informations techniques étant limité, les surcoûts ne sont pas forcément conséquents à l’échelle d’une résidence.

Il convient enfin de porter attention aux coûts des services associés, dont les business models peuvent être très impactants pour les copropriétaires ou locataires.

10- Est-ce une valorisation pour un immeuble et pour ses habitants ?

A mon sens, une résidence connectée est forcément valorisable, cependant, comme dit en amont, tout dépend de ce qu’on entend par connecté, il y a des cas où ça servira beaucoup plus au gestionnaire qu’aux résidents, et d’autres cas, notamment avec la conciergerie connectée, où il y aura une grosse valorisation possible avec les résidents.

11- Comment vois-tu les parties communes de demain ?

Je pense que d’un point de vue technique, on ira de plus en plus vers du suivi des alarmes et du report de consommation. Concernant le service aux résidents, je ne pense pas qu’on ira plus loin que de l’information sur la résidence et le quartier car cela nécessite déjà un minimum de suivi par le gestionnaire et amener plus de services nécessite un investissement parfois conséquent. Toutefois, le fait de liaisonner le bâtiment et la ville au service des habitants est clairement l’objectif du futur, pour autant qu’il soit soutenable.

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A propos de l'auteur

Titulaire d'un BTS domotique ainsi que d'une Licence professionnelle en web marketing et communication, mon objectif est de vous partager mon expérience au sujet du logement connecté et ainsi, vous accompagner au mieux dans vos recherches.

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