L’édition 2014 du salon International CES qui se tient tous les ans à Las Vegas à fermé ses portes il y a maintenant plus d’un mois. C’est l’instant privilégié par les différents acteurs de l’électronique grand public de faire une démonstration de leur savoir faire. Les industriels y participent pour tenter de se faire remarquer. Les investisseurs s’y rendent pour espérer identifier des pépites. La presse y est également représentée afin de pouvoir relayer les solutions innovantes à leurs lecteurs. C’est dans cette dernière catégorie que cette année la société lyonnaise Domadoo a invité 4 bloggers reconnus de la blogosphère domotique et des objets connectés pour couvrir l’événement. Récit d’une couverture de l’édition 2014 menée en équipe avec Domadoo, David G. du site TouteLaDomotique.com, Cédric L. du site Maison-et-Domotique.com, Cédric Z. du site Zaepffel.net et Hervé C. du site Abavala.com.

CES-Blogueurs

Un CES sous le signe du Smart Home

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Que se soit LG, Samsung ou encore Haier, les grandes marques internationales de l’électronique grand public avaient mis en avant le Smart Home.

LG se décline cette année avec une maison résolument communicante. Un type de communication proche du chat permet aux habitants de prendre connaissance du statut de l’électroménager et d’être prévenu en cas de panne. En souhaitant bonne vacances par smartphone interposé à sa maison, on lui signifie que les appareils doivent se mettre en léthargie énergétique. La marque coréenne a compris que le mode d’interaction d’une domotique efficace se doit d’être le plus naturel possible. Les commandes et les scénarii sont déclenchés avec un langage écrit inspiré d’une communication humaine. La communication n’est pas poussée jusqu’au bout car les appareils ne sont pas prévus à l’heure actuelle pour venir s’intégrer dans une domotique existante hors celle produite par LG.

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Samsung avait quant à lui regroupé sur son stand, autour de mobilier d’habitation, son savoir faire en terme de maison communicante. La solution proposée se dévoilait au centre de l’espace occupée par la marque. La domotique ne se cache plus elle semble cette année vouloir conquérir des parts de marché et ne plus être cataloguée comme technologie du futur mais bien comme solution actuelle. La télévision de la marque permet de consulter l’état de la maison. Pour l’occasion Samsung a développé des ampoules intégrant tout ce qu’il faut pour communiquer avec le cœur du système domotique. La prouesse de Samsung est de ne pas avoir conçu un nouveau système propriétaire. Pour la démonstration et qui sait, pour la commercialisation future, Samsung s’est adjoint les bons services d’un protocole sans fil : le Z-Wave. En faisant cela, Samsung permet à ses appareils et à ses clients de profiter de l’offre abondante de produits utilisant cette technologie domotique. C’est le même raisonnement que semble avoir été suivi chez nous par Orange qui propose en Pologne dans un premier temps, sa nouvelle solution domotique élaborée autour de cette même technologie.

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Parmi les grands noms de l’électronique grand public, c’est peut être Haier qui a étoffé un peu plus le panel des fonctionnalités offertes par les appareils communicants de sa Smart Home. La télévision se charge de présenter un tableau de bord de la maison connectée. Elle découvre sans intervention des habitants toute nouvelle électronique installée et branchée dans la maison. Elle ne se cantonne pas à un rôle passif de supervision. Elle est acteur de la sécurité est du bien être des occupants en mesurant pour eux la qualité de l’air et les éventuelles fuites de gaz. La machine à laver le linge interroge quand à elle la météo afin d’adapter son cycle de lavage. Quand au système de climatisation du fabricant chinois il est le seul appareil à ce jour a avoir obtenu de Apple l’homologation MFi ou Made For iPhone/iPad. Cela lui permet d’être piloté par tout appareil de la marque à la pomme de manière directe sans avoir à dépendre d’un système quelconque. Cette première permet à Haier de proposer une utilisation domestique de son climatiseur en bénéficiant du parc de périphériques iOS équipant les foyers. Cette première permet également à Apple de proposer ses premiers systèmes domotiques.

De petits acteurs très actifs.

Les grandes marques ne sont pas les seules à proposer des solutions domotiques. Un très grand nombre de solutions plus modestes par la force de frappe financière de l’entreprise qui les proposent faisaient salon.

Comme l’union fait la force, la Z-Wave Alliance regroupait cette année encore plusieurs constructeurs autours de la norme sans fil. Les polonais Fibaro continuent à innover en proposant des périphériques domotiques dotés de fonctionnalités multiples et aux dimensions de plus en plus réduites. La volonté de ne pas défigurer un intérieur en y installant un capteur disgracieux se retrouve dans le design de l’objet également. Le détecteur de fumée est destiné à son usage principal de détection des incendies. Il s’adjoint dans cette tâche les services d’un capteur de température lui permettant de mieux remplir son rôle. Le nouveau détecteur de mouvement à la forme de globe oculaire est plus intelligent que sa petite taille ne le laisse paraître. Il est doté d’un capteur de température et d’un capteur de luminosité. Son accéléromètre, lui permettra de savoir si le capteur a été enlevé de sa position, mais également d’enregistrer un éventuel tremblement de terre. Il permet de participer à la restitution d’informations en mettant à disposition des scenarii domotiques une une led RGB, qui pourra s’allumer de couleurs différentes pour signaler différents événements.

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Le design est résolument la ligne de conduite suivi par MCOHome Technology. En proposant des interrupteurs a l’aspect flatteur et à la finition soignée. La marque propose des périphériques Z-Wave d’une grande esthétique. On se laisserait tromper et y voir des périphériques KNX haut de gamme.

Certains constructeurs de centrales domotiques ont pris le parti d’intégrer la gestion de plusieurs protocoles. Cela leur permet de répondre à la problématique de l’interopérabilité qui est un frein reconnu de la pénétration de la domotique dans les foyers. Le fabricant Vera Control, un acteur historique de centrales domotiques Z-Wave, proposera par exemple ainsi très prochainement la compatibilité avec le protocole EnOcean.

Le champion en matière de multiples compatibilités est Revolv. Disponible depuis septembre aux US il n’est malheureusement pas certain à ce jour de franchir l’Atlantique. Il propose à ses clients de prendre en charge de la complexité imaginée du paramétrage d’une installation domotique ainsi que les difficultés techniques à faire discuter des protocoles domotique différents entre eux. Il prend en charge le Z-Wave, le Zigbee et Insteon. D’autres possibilités sont embarquées à bord de cette centrale mais ne sont pas encore dévoilées. Il permet également de communiquer avec des systèmes domestiques de la maison communicante tels que le multi-room Sonos, les ampoules Philips Hue, le thermostat Nest ou encore les motorisations Somfy. Pour cette dernière compatibilité il ne fait pas appel aux protocoles de la marque que sont RTS ou io-homecontrol mais profite du fait que Somfy soit compatible Z-Wave… malheureusement outre atlantique uniquement.

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La domotique était également représentée par des solutions issus des canaux de développements qu’il faut considérer comme normaux de nos jours. Plusieurs solutions ont pu voir le jour grâce à des campagnes des financements sur des sites de financement participatif. Kickstarter et autres IndieGogo ont permis aux start-up de donner naissance à leurs innovations domotiques en les mettant en relation avec le financement des internautes. C’est le cas de SmartThings, Almond+ ou encore WigWag qui peuvent proposer des solutions fonctionnellement très intéressantes et techniquement abouties. La concurrence ne vient pas toujours des gros acteurs ou d’entreprise dites classiques. Elle peut émerger du jour au lendemain des financements des clients qui croient en l’avenir d’un concept ou d’une vision d’ouverture.

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Des acteurs de l’électronique non présents dans la domotique à ce jour arrivent avec des solutions innovantes. C’est le cas d’Archos qui propose un système domotique comprenant plusieurs détecteurs et actionneurs. Sur le papier elle est intéressante et s’offre le luxe d’arriver sur le marché avec des prix très agressifs. Le client est capté à la fois par la simplicité d’utilisation et d’installation en même temps que via son portefeuille. La centrale n’est plus reléguée à prendre la poussière dans un coin du salon: elle se fait utile. Elle est intégrée dans une tablette Android qui peut être utilisée pour piloter la maison comme pour d’autres usages. Cette domotique pourra également être à terme pilotée par les montres connectées de la marque également présentées par Archos lors du CES 2014 à des tarifs très serrés.

Le concept de domotique s’élargit

Si l’on considère qu’aujourd’hui la maison communicante n’est pas constituée uniquement d’un système domotique centralisé mais d’une multitude d’objets communicants on peu dire qu’au CES cette année la tendance était résolument au Smart Home. Les serrures domotiques de Okidokeys, les brosses à dents communicantes de la société Kolibree, le thermostat Netatmo ou l’analyseur de vos nuits Aura de Withings en sont de bons exemples. Tous ces produits communiquent avec l’utilisateur à défaut certes de communiquer entre eux. Les objets connectés ont décuplés au CES.

Mis a par la Smart Home, le « Homme » Control ou les appareils de surveillance de la santé et des capacités de l’Homme est un autre secteur majeur du CES cette année. On ne compte plus les bracelets trackers d’activité, on ne compte plus les montres connectées plus intelligentes les unes que les autres. Alors que les lunettes de Google se font encore rares dans les allées du salon, la concurrence s’organise. Des modèles concurrents sont présentés par Epson, Vuzix, ou par les français d’Optinvent. La wearable computing ou l’informatique corporelle a le vent en poupe. Elle sort des laboratoires et des bureaux de R&D pour se montrer jusqu’à se camoufler en bijoux comme le propose Netatmo avec son bracelet June élaboré pour sécuriser la peau de la gente féminine des affres du soleil.

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Tous ces appareils font peut être un peu gadget et peuvent être considérés comme inintéressants pour la domotique. C’est une erreur. Leur potentiel peut être immense si l’on considère qu’ils pourront être de fidèles alliés dans le cadre du maintient à domicile des personnes dépendantes par exemple. Bien que l’on soit encore aujourd’hui principalement dans le domaine de la e-santé personnelle et non pas dans le cadre d’une prescription médicale, les usages sont néanmoins importantes. Un capteur de pulsations cardiaques intégré dans une montre connectée pourra être un acteur indispensable pour le bien être des personnes sensibles du cœur. En cas de soucis, la maison et ses systèmes de communication pourront apporter leur concours pour lui porter assistance. Chez les individus en bonne santé un simple tracker d’activité distinguant les phases de sommeil et de réveil pourra apporter une interaction plus naturelle et transparente dans la gestion des scénarii dédié au début de la journée. L’internet des objets est alors intrusif dans nos vies et devra convaincre avec des réponses adaptées aux problématiques de sécurité liées à la conservations de nos données.

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Les montres connectées sont aujourd’hui capables de communiquer avec nos systèmes domotiques pour peu que les constructeurs soient coopérants pour proposer des systèmes ouverts et interopérables. Dans ce domaine, c’est encore une fois le secteur automobile qui devance celui de la domotique qui rend l’automatisation plus accueillante. La démonstration dans l’automobile par Mercedes Benz, une marque que l’on n’a pas besoin de présenter et qui est reconnue dans ce secteur, avec un géant de l’électronique Samsung mais également une start-up issue de Kickstarter du nom de Pebble montre que les interactions peuvent être réelles et fonctionnellement intéressantes entre une voiture et une montre… pour peu que l’on fasse tomber certains bastions de la non interopérabilité.

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Les objets connectés que l’on porte sur soi ne demandent qu’a jouer le rôle de télécommande naturelles toujours à disposition. Bientôt on va pouvoir appliquer la phrase récente « il y a une application pour ça » au secteur de la maison. On pourra bientôt clamer qu’il y a un objet connecté pour ça! Vous pensez à un vase connecté? MEG peut être une réponse. Vous souhaitez une boîte aux lettres communicante? Vous pouvez regarder du côté de Click & Collect at Home de Signée. Si la solution n’existe pas vous pourrez toujours espérer la mettre en œuvre avec une solution telle que Mother qui, avec ses Motion Cookies, permet de rendre intelligent des objets du quotidien…

La France au rendez-vous

A cette occasion, la ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique, Fleur Pellerin, a fait le déplacement à Las Vegas. Présente le 7 Janvier dans les allées du salon, le but de la ministre était d’assurer la promotion des nombreuses start-up et entreprises de la « French Tech ». Le secteur des objets connectés, a particulièrement été remarqué par la ministre qui voit en eux un secteur créateur d’emplois, de débouchés économiques et de rayonnement de la France. Elle n’est pas la seule à penser de la sorte: représenté par son président Pierre Gattaz, le Medef  était également dans la délégation de la ministre afin d’apporter son soutien aux entreprises qui avaient fait le déplacement.

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Le entreprises innovantes le savent. Si elles veulent faire sensation au CES il faut mettre le paquet pour se démarquer. C’est dans cette optique qu’une partie de la délégation française s’était structurée, autour d »UbiFrance. Il est toujours plus facile de « faire du bruit » lorsque l’on est plusieurs! Plus de 100 sociétés françaises étaient présentes au CES cette année. Elles ont brillé. Cette présence représente le double de l’édition 2013. c’est une performance très honorable qui fait que la délégation Française était bien mieux représentée que celles de l’Allemagne ou encore celle du Royaume-Uni. On pourra remarquer également que dans la zone réservée aux startups, plus de 30  sur 200 étaient françaises. On ne peut que saluer le dynamisme d’une telle représentation.

Conclusion

Les technologies mises en œuvre pour les objets connectés sont aujourd’hui matures et les interfaces les relèguent au deuxième plan. Le logiciel prend le lead, et l’interface homme machine aboutie présente des valeurs ajoutées graphiques et ergonomiques. La technique est certes importante mais la fonction est maintenant le facteur d’innovation mis en avant. La domotique n’est plus au CES un domaine technologiquement fermé et fonctionnellement limité aux luminaires, aux ouvertures, à la gestion de la température et autres systèmes audio-vidéo… La santé par exemple fait partie des préoccupations contemporaines et des réponses adaptées existent. Elle peut y être intégrée pour peu que l’ouverture existe. L’Homme et la Home n’ont jamais été aussi proches finalement.

CES-domadoo-team

Nous tenions à vous remercier de nous avoir suivi au cours de toutes ces semaine. Depuis novembre nous avons eu le plaisir de vous faire partager cette innovation et notre vision du CES 2014 via nos différentes sensibilités complémentaires. Les multiples solutions narrées au fil des articles ainsi que les différents systèmes présentés par tweets interposés ont été pour nous une merveilleuse occasion de découvrir ces trouvailles et de partager des instants uniques. On se donne tout de suite rendez-vous tout au long de cette année 2014 pour constater si les déclarations des industriels seront suivis d’effet et si les sorties de produits annoncées seront respectées!

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A propos de l'auteur

Ingénieur de formation et blogueur par passion. En quête d’innovations, de concepts, de technologies, de systèmes, d’objets ou de services qui peuvent apporter des solutions concrètes pour résoudre tous ces “petits” tracas de la vie quotidienne…