Ce sont tenues ces 16 et 17 septembre, les universités d’été EnOcean deuxième édition. Cet évènement, organisé par la EnOcean Alliance, a pour but de promouvoir la technologie EnOcean au travers d’ateliers privatifs tenus par des acteurs et partenaires de l’EnOcean alliance tel qu’Eltako, ABB, Wago, Vitec, Jeedom et bien d’autres. Différentes conférences ont également eu lieux, sur les enjeux du Numérique dans le Bâtiment, les services autour du Smart Building et les Modèles économiques.

Les enjeux du numérique dans le Bâtiment

Le bâtiment de demain doit être soumis aux lois d’internet. Voilà le mot d’ordre invoqué durant ces deux jours. Le Bâtiment sera connecté, il n’y à pas de doute. Et cela va très vite comme l’a souvent rappelé Emmanuel François, président de la Smart Building Alliance. Les cycles d’évolution sont désormais courts, de l’ordre de quelques mois contre plusieurs années auparavant. Le bâtiment de demain doit profiter de la vague du numérique et évoluer en fonction des besoins des usagers.

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1. Le Bâtiment intelligent (Smart Building), quels prérequis ?

Pour que le bâtiment intelligent fonctionne, il faudra qu’il soit simple à mettre en œuvre par les constructeurs, simple de maintenance, et simple à utiliser pour l’usager.
Ces trois prérequis impliquent que les équipements doivent être communicants, l’intelligence doit être répartie et modulaire, les systèmes devront être interopérables et sécurisés, l’infrastructure IP et l’architecture devront être indépendantes et le coût global devra être similaire à ce qui existe actuellement.

Autant vous dire que ce n’est pas gagné. Les concepteurs et constructeurs doivent comprendre et adopter ces prérequis.

2. La place du sans-fil/sans-pile

EnOcean : rappel

Petit rappel sur la technologie EnOcean.
L’EnOcean est un protocole de communication sans fil/sans pile. Les produits intégrants la technologie EnOcean sont autoalimentés et ne nécessitent donc pas de maintenance tel que le changement de pile.
Pour se faire, EnOcean se concentre sur 3 technologies d’« Energy harvesting » :

  • Le dynamique, utilisé dans les émetteurs tel que les interrupteurs, qui permet grâce à un générateur électrodynamique de créer de l’énergie lors d’une impulsion sur un bouton par exemple.
  • Le photovoltaïque, placé sur les sondes, capteurs, thermostats, … Qui va stocker l’énergie solaire afin d’alimenter le produit.
  • Le thermique, placé principalement sur des têtes thermostatiques, permettant la création d’énergie par différence de température.

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Dans le monde du Bâtiment intelligent, la technologie EnOcean se trouve être très intéressante.
Il s’agit d’une technologie sans fil, donc les systèmes sont flexibles et modulaires. Dans la rénovation comme dans la construction, pas besoin de tirer de câbles ou faire des saignées pour placer un nouvel interrupteur, de même pour les sondes et détecteurs. On peut très rapidement créer de nouveaux vas et vient. Le système est totalement modulable en fonction des besoins de l’utilisateur.

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La technologie EnOcean utilise l’Energy Harvesting, donc pas de piles à changer. Dit comme ça, le problème paraît limité, mais une étude a été faite sur le nombre moyen de piles dans une maison connecté avec des systèmes radio conventionnels. On arrive à une moyenne de 74 piles par foyer, à changer en moyenne tous les 1 à 2 ans, ce qui revient à une centaine d’euros de piles par an. Sans compter le recyclage de celles-ci et l’impact environnemental. Et avec la démocratisation des objets connectés, ce chiffre ne va faire qu’augmenter. A l’échelle planétaire, c’est assez catastrophique.
Source : books.google.fr Meziane Boudellal

De grands acteurs ont passés le pas, et le sans fil/sans pile se démocratise. La télécommande Philips Hue que tout le monde connait. Legrand également, qui propose toute une gamme d’interrupteurs utilisant l’Energy Harvesting. Même l’industrie automobile s’y met.

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3. Quels protocoles pour quelles fonctions ?

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Dans le monde de la GTB, de nombreux protocoles de communication existent : Lonworks, BACnet, KNX, Dali, Wi-Fi, BLE, ZigBee, EnOcean, Thread, Z-Wave, Sigfox, RTS, X3D DIO, … Et j’en passe. Comme le dit Serge Le Men, Vice président de la Smart Building Alliance (SBA) : C’est la jungle de chez la jungle !

Il y a trop de protocoles, c’est le Dawa. C’est extrêmement dur de s’y retrouver, de savoir quoi choisir. Chacun veut se faire sa place et devenir le protocole de référence. On est très loin d’un système interopérable évoqué en début d’article.
La solution serait de réussir à faire communiquer tous ces systèmes entre eux via une Hypervision ouverte multiconstructeurs et multiprotocolaires. Mais très compliqué, aucun de ces protocoles ne communiquent de la même façon, entre les protocoles de Bus à Standard ouvert, les protocoles radio standardisés ouverts, les protocoles radio spécifique, long range ou propriétaire…

4. Le contexte protocolaire et interopérabilité

L’interopérabilité est dans toutes les bouches, mais qu’est ce qu’un système interopérable ?
Faire communiquer des modules Z-Wave avec de l’EnOcean et de l’Edisio rend votre système interopérable? Oui et non.

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Il faut savoir qu’il y a plusieurs niveaux d’interopérabilité :

Niveau 1 : L’interopérabilité produits. Il s’agit ici de faire communiquer plusieurs protocoles ensemble. Cet interopérabilité peut être effectué via des passerelles ou un contrôleur domotique multiprotocoles. Ca existe en EnOcean, KNX, BACnet, Modbus, Zigbee, Z-Wave, … Entre autre.

Niveau 2 : L’interopérabilité logicielle. Il s’agit ici de faire communiquer des logiciels de fabricants différents entre eux afin de centraliser deux systèmes distincts sous une même interface. BACnet, Modbus, OPC et OBIX permettent cela.

Niveau 3 : L’interopérabilité de base de données. Il s’agit de centraliser les bases de données relevées par différents systèmes, et de les transcrire sous une même interface. KNX permet cela avec ETS, BACnet avec EDE, Modbus avec CSV.

Niveau 4 : L’interopérabilité bâtiment vers service. Il s’agit ici de rendre le contenu de différents systèmes exploitable. Elle n’est pas arrêtée au terrain, on a une interopérabilité des services. Une sorte d’hypervision multi-vendeurs.

5. UN protocole unique : le HIGHLANDER !

Voilà la solution, mais il paraît évident que nous n’allons pas dans ce sens.
Certains systèmes s’y rapprochent, comme BACnet permettant une maintenance multi-systèmes.
La naissance d’alliances, comme Thread, Alljoyn, AllSeen Alliance, la SBA et d’autres, montre un dynamisme et une volonté de standardisation.

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Les ateliers privatifs

Voilà donc un résumé de la vision de la SBA sur le Bâtiment connecté de demain. Les conférences des deux jours furent fortement instructives. Hormis les conférences, différents acteurs et partenaires de l’EnOcean Alliance étaient présent avec des stands pour présenter leurs solutions d’automatisation du Bâtiment. Tour rapide de quelques stands :

Jeedom

Comme l’année dernière, l’équipe Jeedom était de nouveau présente cette année. Avec un stand présentant la solution Jeedom Pro. Il s’agit d’une box réservée aux l’installateurs/intégrateurs. Au format rail DIN, celle-ci possède une interface de supervision du parc d’installations. Son hardware est deux fois plus puissant que la Mini+, et elle intègre des fonctionnalités supplémentaires (Disque SSD, Bluetooth, Wi-Fi).

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Eltako

Eltako présentait son système EnOcean. Pour rappel, Eltako fait partie des leaders européens et prend la position de pointe technologique avec ces appareils de commandes électroniques. Le fondateur d’Eltako, l’ingénieur Horst Ziegler, présente le premier télérupteur Eltako en 1949. L’entreprise ne cesse d’innover et dans ce but, a créé un système radio basé sur la technologie EnOcean. La gamme est très complète, et permet de répondre à tous les besoins de l’habitat connecté.

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ABB

ABB présenté son ecosystème domotique. Fonctionnant sur le bus KNX, ABB propose un grand panel de modules sur Rail DIN.

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Wago

Wago également, très connu pour sa gamme de connecteurs, propose une solution de gestion des éclairages sur rail DIN, interfacable avec des actionneurs et capteurs EnOcean. Fonctionnant sur le protocole DALI, le fabricant propose des modules permettant la gestion de tout types de luminaires, de façon autonome.
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Bien d’autres acteurs étaient présents, tels que TRIO2SYS, UBIANT, Kieback&Peter, Damalisk, Nanosense… Présentant tous des solutions intéressantes.
Nous parlerons d’ailleurs certainement de produits innovants que nous avons pu apercevoir, mais top secret pour l’instant ! 😉 On arrête pas le progrès…

Conclusion

J’ai essayé de vous résumer au mieux ces deux journées fortes intéressantes. Comme vous l’avez vu, le sujet était tourné principalement vers le tertiaire donc les constructeurs, promoteurs, intégrateurs mais également les concepteurs. Etant spécialistes du résidentiel, cela nous a permis de voir les choses depuis un point de vue que nous n’avions pas forcément, et qui nous touche indirectement.

Au dela des enjeux du bâtiment, les présentations EnOcean nous ont réconciliés avec cette technologie. Pas que nous étions en froid, mais l’EnOcean n’a pas franchement été conçu pour une utilisation directement par le particulier. Cela évolue, grâce entre autre à des marques comme NodOn qui nous propose désormais des produits design au tarif  intéressant. Nous sommes sortis convaincus de cette technologie.

Nous ne manquerons pas de vous en parler plus régulièrement sur le blog, et vous démontrer des solutions simples à mettre en œuvre et efficace pour rendre votre maison intelligente grâce à la technologie EnOcean. Il faut bien l’avouer, jusqu’ici nous étions plus Z-Wave, mais je pense que ces deux technologies sont complémentaires et peuvent répondre à des besoins différents.

Cette technologie possède des avantages que le Z-Wave n’a pas, comme la possibilité de construire des systèmes complets sans forcément avoir besoin de contrôleur domotique. Elle permet également de se décharger de maintenance comme le changement de pile par exemple, ce qui peut représenter un coût certains en fonction du nombre de capteurs présents dans le système. Et le panel de modules existants est aussi important que celui du Z-Wave, s’il n’est pas plus grand.

Si vous souhaitez en savoir plus, ou si vous avez des questions ou suggestions sur cette technologie, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire!

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A propos de l'auteur

Fan de nouvelles technologies, j'adore découvrir chaque jour les possibilités de la Domotique qui semblent sans fin! Sportif, je m’intéresse également beaucoup aux objets connectés liés à la santé et au sport.

5 commentaires

  1. Sur le papier enocean est tres seduisant, mais il reste un point important, et tout particulièrement dans le tertiaire, c’est la sécurité. J’ai peu d’info a ce sujet mais a ma connaissance zwave est l’un des seul protocole a proposé un semblant de sécurité /cryptage. Qu’en est il d’enocean? Le sujet a-il été abordé ? Y a-t-il des svancees?

    • Bonjour Cyril, en effet le protocole proposant la sécurité la plus importante est actuellement le Z-Wave.
      La question de sécurité à été rapidement abordée. Contrairement au Z-Wave, les signaux EnOcean sont toujours disponibles, ce qui peut représenter une certaine faille en effet.
      Cependant les produits EnOcean répondent depuis 2011 au standard IEC 14543-310 I, qui impose au niveau de la sécurité le « Rolling code » (Code tournant) et l »Encryption », soit l’encodage. Chaque module à un identifiant unique de 32-bits.
      Cela montre que l’alliance se rend compte de l’importance de la sécurité. Quand à la facilité d' »Hacker » un système, je ne saurait vous dire si c’est vraiment difficile.
      Il faut garder en tête que les modules EnOcean ne sont prévu que pour l’automatisation de la maison, pas la sécurité. Le risque est donc qu’un éventuel « hackeur » puisse accéder à vos sondes ou actionneurs. Cela peux donner une idée de si vous êtes chez vous ou non, mais il ne pourra pas désactiver votre système d’alarme grâce à cela.
      Il ne faut pas laisser sa maison disponible à tous le monde c’est sûr, mais je pense que quelqu’un qui veut vraiment vous cambrioler y arrivera, peut importe le système employé.

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