2017 est décidément l’année des assistants vocaux, qui fleurissent de toute part. Les géants du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sont bien sûr en premières positions pour cette technologie qui révolutionnera sans doute nos interactions avec la maison connectée. Comme nous l’avons déjà vu Amazon a son Amazon Echo, Google son Google Home, Microsoft travaille sur son assistant avec Harman Kardon et Cortana, il ne manquait donc plus que Facebook et Apple à l’appel. Ce n’était qu’une question de temps, puisque Apple a annoncé lors de la WWDC17 (convention annuelle dédiée aux développeurs) sa nouvelle enceinte intelligente faisant office d’assistant vocal: Apple HomePod.

Lors de la Keynote d’ouverture de la WWDC17, même si Philip W. Schiller, vice-président marketing de Apple, a donné le ton dès l’ouverture, en affichant Sonos et Amazon, la priorité a toutefois été donnée à la partie musicale.

« ce n’est pas la question d’être les premiers mais d’être les meilleurs » , a confié Tim Cook. Avec HomePod, il souhaite réellement « réinventer la musique ».

Philip W. Schiller a en effet longuement insisté sur l’esprit musicologue de l’enceinte HomePod: après l’iPod qui « a réinvité l’audio nomade », la nouvelle venue a pour ambition de « réinventer la musique à la maison« . En concurrence directe avec Sonos, donc, qui a été clairement mentionné.  Pour cela, la firme à la pomme a beaucoup misé sur la partie hardware: sous le joli design cylindrique de cette enceinte, se cachent en effet sept transducteurs large-bande (« tweeters ») de 38 mm de diamètre, répartis tout autour de sa base, orientés vers l’intérieur, mais rayonnant, grâce à un déflecteur central, sur 360°. Ces tweeters sont secondés par un woofer (ou boomer) de 10 cm de diamètre pour les graves. Ces haut-parleurs seront chacun alimentés individuellement par des amplis numériques et pilotés par un processeur A8, le plus puissant qu’on puisse trouver actuellement sur une enceinte acoustique.

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La partie logicielle n’a pas été laissée à la traine. Elle permet notamment au HomePod d’optimiser le son en temps réel en fonction de sa position dans la pièce. Le système a également la capacité de couper les résonances parasites et de jouer avec les réflexions sur les murs pour accroître la profondeur, la netteté et la largeur de la scène sonore, comme ce que propose le système TruePlay de Sonos. Ceux qui ont pu le tester savent comme ce système change la donne !

Forcément, cette enceinte s’appuiera sur Apple Music. Mais on pourra toutefois y écouter ce qu’on souhaite via Airplay, le système de diffusion audio sans fil de Apple. Pour l’occasion Airplay passe en V2, disponible avec iOS 11. Cette nouvelle mouture devrait maintenant gérer un vrai multiroom, en permettant le contrôle de plusieurs enceintes de façon indépendante ou simultanée.

Enfin, il sera possible d’utiliser deux enceintes en binôme pour profiter d’un son stéréo, le logiciel sachant parfaitement gérer cette configuration, toujours comme le propose Sonos.

Côté audio, Apple a donc mis les petits plats dans les grands. La pomme a toutefois été assez avare en informations concernant la partie assistant vocal, qui nous intéresse tout particulièrement. Il a simplement été mentionné que le HomePod disposait de 6 micros équipés de filtres antibruit pour que Siri puisse entendre les requêtes de son utilisateur, même à bonne distance dans la pièce et avec du bruit ambiant. Il sera alors possible de demander à Siri toutes les choses qu’on peut déjà lui demander via son smartphone ou sa tablette: la musique qu’on souhaite écouter, la météo, le trafic routier, les messages, les cours de bourse, les résultats sportifs, les prochains évènements à l’agenda…

Apple a en revanche livré plus d’informations sur Homekit lors de présentations destinées aux développeurs, la WWDC s’étalant sur plusieurs jours pour présenter aux développeurs les futurs nouveautés plus en détail. Le Homepod sera bien sûr capable de piloter la maison via Siri, et donc Homekit, le hub domotique de la pomme. Jusqu’ici très fermé, Apple a décidé de s’ouvrir un peu plus pour faciliter la vie des développeurs et des fabricants. Ainsi, les fabricants de matériels certifiés HomeKit pourront utiliser une authentification logicielle sur leurs précédents matériels non compatibles (où la puce était absente), ce qui permettra de mettre à jour leurs anciens produits à moindre frais. Rappelons nous par exemple Philips qui avait dû sortir un nouveau Hub pour ses éclairages Hue, son premier Hub n’ayant pas la puce certifiée Apple.

Apple va également donner accès à tous les développeurs intéressés aux caractéristiques de son protocole. Ces derniers pourront ainsi créer des périphériques domotiques compatibles, sans avoir besoin d’utiliser la puce électronique certifiée par Apple (puce qui est également chargée de la sécurité des échanges de données). Détail important toutefois: les périphériques fabriqués ne pourront être commercialisés. Pour cela, une licence MFI restera nécessaire. A voir comment cela se passera pour les projets Open Source, mais cela pourrait être une très bonne nouvelle pour voir évoluer l’écosystème Homekit, qui reste très limité pour le moment.

Notons enfin que l’application « Maison », permettant de faire communiquer tous les objets connectés de la maison, voit apparaitre de nouvelles options d’automatisation via iOS 11. On peut par exemple créer des plages horaires pour l’activation ou la désactivation d’objets ou de scènes. Un minuteur permet de décider d’une limite de temps de fonctionnement de l’automatisation. Il est aussi possible d’activer des accessoires selon la localisation d’une personne en particulier ; ce n’est plus « tout ou rien » comme sous iOS 10.

Petit à petit, donc, la solution domotique de Apple s’étoffe, tant au niveau des fonctionnalités, que des périphériques. Et l’arrivée du Homepod devrait contribuer à faciliter l’utilisation de cet éco système.

Le Homepod devrait être dispo en décembre aux Etats Unis, Royaume-Uni, et Australie au prix de 349$ (en deux versions, noire, et blanche). Les autres pays devront toutefois attendre 2018, sans plus d’information.

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A propos de l'auteur

Geek dans l'âme, j'ai découvert la domotique il y a une quinzaine d'années avec les premiers modules X10 et le logiciel Homeseer. Puis arrivèrent les box domotiques, le Z-Wave, et ma construction où j'ai pu installer un système domotique complet moi même: depuis ce domaine est devenu une véritable passion, que je partage chaque jour dans ma vie professionnelle comme dans ma vie personnelle.

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