Aujourd’hui, grâce à votre smartphone, il est toujours possible de surveiller votre logement à distance, même si vous êtes de l’autre de côté de la planète. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place une ou plusieurs caméras chez soi. Celles-ci pourront vous rassurer et parfois même, vous alerter dès qu’un événement se produit chez vous. Pour ne pas se tromper à l’heure d’adopter une caméra, Jérome va nous partager son expérience avec ses meilleures recommandations.

1- Pour commencer ce nouvel épisode, peux-tu nous décrire qui tu es et quel est ton background ?

Jérôme Massiaux, 41 ans. Après une expérience en SSII je me suis lancé dans l’installation puis la vente de matériel domotique à travers la création de la boutique en ligne domotique-store.fr. J’ai depuis peu aussi intégré la société Domologique.

2- Conseilles-tu linstallation dune caméra factice, une solution beaucoup plus économique ?

Non, car la plupart du temps le côté factice est très facilement repérable et qu’une caméra fonctionnelle pour surveiller son logement ne coûte pas beaucoup plus cher.

3- Combien de caméras est-il conseillé d’installer pour surveiller son logement ?

Tout dépend des zones que vous souhaitez surveiller. Si vous êtes équipé d’une alarme, les caméras pourront vous permettent de faire de la levée de doute, de vérifier ce qu’il se passe. Plus la couverture sera importante meilleure sera la levée de doute. Vous pouvez aussi réduire le nombre de caméras et donc le coût de l’installation en vous focalisant sur les lieux de passage incontournables et les pièces contenant le plus d’objets de valeur.

4- Où faut-il placer ses caméras pour surveiller son logement et autour de celui-ci ?

Tout dépend de l’objectif visé :

  • A l’extérieur : elles permettront de faire de la prévention en décourageant les voleurs ou vandales. Attention toutefois de bien respecter la législation en ne filmant pas, même partiellement, des zones publiques ou votre voisinage. Si vous devez tout de même déborder sur ces zones, vous pouvez faire une demande en préfecture et argumenter sur le bien fondé de votre demande. Celle-ci sera étudiée en commission.
  • A l’intérieur : vous surveillerez vos objets de valeur ou vos animaux domestiques.

Autre point important sur le plan réglementaire, vous devez indiquer la présence d’un système de vidéo-surveillance avant qu’une personne extérieure à votre famille comme un livreur ou un prestataire entre dans la zone couverte. Il en va de son droit à l’image. Si vous avez un employé de maison, vous devrez aussi faire apparaître dans son contrat de travail la présence de caméras de surveillance. D’après la loi, vos caméras ne doivent pas avoir pour objectif de surveiller le travail de votre employé et cela est valable pour une femme de ménage ou une baby-sitter.

5- Que conseilles-tu comme caractéristiques d’une caméra pour surveiller son logement, à l’intérieur et extérieur ?

  • Pour l’intérieur, j’aurais tendance à conseiller des caméras fixes grand angle avec si possible un véritable détecteur de mouvements à infrarouge intégré.
  • Pour l’extérieur je dirais aussi des caméras fixes grand angle si possible câblées en ethernet filaire et alimentées en PoE (alimentation via le câble réseau).

Les autres caractéristiques comme la résolution de l’image seront à choisir en fonction de vos exigences ainsi que votre budget.

6- Conseilles-tu une connexion IP (Wifi, filaire) ou analogique ?

J’ai personnellement une préférence pour les caméras IP pour surveiller son logement mais c’est sans doute mon expérience en réseau qui veut cela. Quand cela est possible, il vaux mieux préférer l’ethernet filaire. La fiabilité est meilleure, cela évite de saturer le réseau WiFi et surtout évite toute sensibilité au brouillage radio. Cependant, il y a bien des cas où le passage de câble réseaux ne sera pas possible ou pas aisé. Dans ce cas, le Wifi est une bonne alternative mais il faut rester conscient des limitations. De plus, sur la grande majorité des modèles, une alimentation filaire sera nécessaire, et donc un câble.

7- Est-il possible de recevoir une alerte lors dun mouvement détecté ? Si oui, par quelles méthodes ?

La détection de mouvement par analyse de l’image n’est généralement pas très fiable et génère pas mal de faux positifs, surtout en extérieur (ex: arbres qui bougent, nuages qui passent, etc.) mais aussi en intérieur dans le cas de variation de luminosité ou de présence d’animaux domestiques. La présence d’un véritable détecteur de mouvement de type infrarouge passif (PIR) sera un vrai plus. La plupart des caméras proposent un envoi de mail sur détection de mouvement avec photos ou petite vidéo en pièce-jointe. Les plus évoluées proposent aussi des notifications push sur smartphone, ce qui a l’avantage d’être bien plus réactif et peut parfois être accompagné de photos ou une courte vidéo.

8- Est-il possible de pivoter la caméra à distance ?

Oui, cela est proposé sur certains modèles et peut même être accompagné d’un véritable zoom optique. Cela permettra, lors d’une visualisation à distance de surveiller une zone plus large à 300° voir plus. En revanche, si vous utilisez les caméras en enregistrement, il faudra bien veiller à repositionner la caméra en l’orientant vers la zone à surveiller en priorité ou d’activer une fonction de patrouille qui bouge la caméra en permanence. Attention toutefois, toutes les zones ne seront donc pas enregistrées en permanence et un mouvement permanent de la caméra pourrait accélérer son vieillissement surtout sur des modèles grand public.

9- Quel mode d’enregistrement est-il préférable : SD, abonnement cloud ou sur serveur ?

Chaque solution pour surveiller son logement a ses avantages et inconvénients.

1- Carte SD :

  • Avantages : Peu cher, généralement simple à mettre oeuvre.
  • Inconvenients : Certaines caméra sont limitées à 32Go soit 1 à 10 jours d’enregistrement suivant la qualité et fluidité souhaitée. La caméra peut être vandalisée et la carte mémoire volée.

2- Enregistreur local ou NAS comme QNAP ou, mieux, Synology :

  • Avantages : Propose une très grosse capacité de stockage, un enregistrement et visualisation multi caméras et parfois des fonctionnalités d’analyse plus poussées.
  • Inconvénients : Le coût plus élevé ainsi que le risque de vol de l’enregistreur en cas de cambriolage.

3- Solution d’enregistrement dans le cloud :

  • Avantages : Configuration très simple et sans investissement mais généralement un abonnement mensuel à prévoir. Pas de risque de perdre les enregistrement en cas de vol ou vandalisme.
  • Inconvénients : Il faut un débit Internet assez important dans le sens sortant (ce que l’on appelle l’upload) sachant que ce débit augmente en fonction de la qualité et est multiplié en fonction du nombre de caméras. Une connexion VDSL, câble voir idéalement fibre optique pourra être nécessaire.

10- Comment éviter d’être espionné par mes propres caméras par des hackers ?

Certaines caméras disposent d’un obturateur mécanique qui permet d’être certain de ne pas pouvoir être espionné.

Voici un exemple de caméra pour surveiller son logement, possédant un obturateur.

Une autre solution, sur les caméras motorisées, peut aussi être de l’orienter vers un mur ou le plafond lorsque l’on est présent. Si cela ne règle pas le problème du son, cela règle au moins le problème de l’image. Ce positionnement de la caméra peut généralement être automatisé en lien avec un système domotique.

Par exemple, je mets la fonction alarme de mon système domotique, la caméra se met en position de surveillance, je retire l’alarme, elle se tourne vers un mur.

Dans tous les cas, pour votre sécurité, il est primordial de :

  • Changer le mot de passe d’origine pour un mot de passe suffisamment sécurisé.
    Le principal vecteur d’espionnage mais aussi de piratage des caméras est lié à la non modification du mot de passe d’origine de la caméra (généralement admin, password, voir parfois totalement vide). Un mot de passe sécurisé doit être :
    • suffisamment long (idéalement 10 à 12 caractères),
    • contenir des lettres minuscules, majuscules, chiffres et caractères spéciaux (#&!$*€ etc.).
    • Ce mot de passe ne doit pas être trouvé par ingénierie sociale (pas de non ou prénom de la famille, pas de date de naissance, pas de mot lié à une passion connue de tous, etc.)
    • Il doit aussi n’être utilisé nulle part ailleurs (les pirates récupèrent régulièrement des millions de mots de passe valides en piratant par exemple des forums mal sécurisés).
  • Il est aussi recommandé de se connecter en HTTPS (quand la caméra propose cette possibilité). Cela évite que le mot de passe soit intercepté par un logiciel malveillant présent sur votre réseau local ou sur un réseau public comme certaines connexions WiFi gratuites par exemple.
  • Régulièrement mettre à jour le firmware de la caméra afin de combler les éventuelles failles de sécurité.
  • Eviter d’acheter des caméras de marques exotiques pour lesquelles la prise en compte de la sécurité pendant leur conception peut avoir été mis de côté et pour lesquelles l’accès aux mises à jour de firmware est incertain.
    Il est même tout à fait envisageable que des caméras de marques exotiques intègrent de manière volontaire des portes dérobées permettant de vous espionner par l’image mais aussi d’espionner vos communications réseau voir encore de perpétrer des attaques informatiques en utilisant votre connexion Internet.
    Ces risques étant aussi valables pour des caméras qui auraient été piratées à cause d’un mot de passe trop simple ou non remplacé et que les pirates auraient « flashé » avec une version modifiée de leur logiciel interne intégrant des fonctions d’espionnage.
  • A l’inverse, certains fabricants de caméras ont pris le problème au sérieux et c’est par exemple le cas de Foscam qui a fait auditer ses caméras afin d’en déceler les failles potentielles et a mis en place un certain nombre de mécanismes de sécurité comme  l’obligation de changer le mot de passe d’origine pour un mot de passe suffisamment sécurisé ou une protection contre l’attaque par force brute par exemple.
  • D’autres actions comme par exemple le changement du port réseau par défaut ou la mise en place d’un VPN peuvent encore améliorer votre sécurité. Mais cela nécessite déjà un peu plus de compétences en réseau.

11- Existe-t-il des caméras intégrables à mon installation domotique

Oui, un grand nombre de caméras sont intégrables avec un système domotique. Pour cela, leur intégration doit généralement avoir été faite par le concepteur du logiciel domotique (intégré au logiciel ou sous forme de plugin dédié). Il est aussi généralement possible de rentrer manuellement un certains nombre d’informations comme l’adresse du flux vidéo, les adresses des commandes de rotation, zoom, etc.
Si la caméra n’est pas déjà préconfigurée dans le logiciel domotique, il faudra disposer de ces informations.
Si cela ne pose pas trop de problème avec certaines marques comme par exemple Foscam, ces adresses ne sont parfois pas communiquées par certains fabricants et en particulier les marques d’électronique grand public, cela complexifiant voir rendant impossible l’intégration.

12- Et que puis-je faire avec ?

Suivant les caméras et logiciels domotiques utilisés, les possibilités seront variables :

  • Afficher l’image, parfois avec une qualité réduite et une fluidité limitées à une image par seconde (voir moins), parfois avec une image HD fluide et même avec le son.
  • Commander les mouvements de la caméra (rotation, zoom, etc.)
  • Plus rarement, récupérer les fonctions de détection de mouvement intégrées aux caméras. C’est par exemple le cas avec le plugin camera de Jeedom sur la plupart des caméras Foscam comme par exemple les C1 et C2. Ces caméras ont en plus l’avantage de disposer d’une véritable détection de mouvements PIR, bien plus fiable que la détection de mouvement basée sur une analyse basique de l’image.
  • Enregistrer des images fixes ou une vidéo mais cette fonctionnalité est rarement proposée par les logiciels domotiques et l’espace de stockage nécessaire est très élevé (plusieurs dizaines voir centaines de Go). Pour cela, il est préférable d’utiliser un enregistreur de vidéosurveillance dédié ou un NAS comme ceux de la marque Synology ou QNAP qui intègrent des fonctions très évoluées dans ce domaines (surtout Synology).
  • Parfois aussi il peut être possible d’agir sur les LED IR ou d’autres fonctionnalités mais il faut garder à l’esprit que cela dépend à la fois des possibilité de la caméra, de l’accès donné par le fabricant à ces fonctionnalité, leur documentation ainsi que la façon dont la caméra peur être intégrée au logiciel domotique. En la matière et suivant vos besoins ou envies spécifiques, il sera préférable de bien choisir la caméra avant de l’acheter.

13- Que faire pour que mes caméras fonctionnent si un cambrioleur coupe le courant ?

Pour surveiller son logement, certaines caméras peuvent parfois intégrer une batterie mais cela reste assez rare. Il est aussi possible sur certains modèles alimentés en microUSB comme les Foscam C1 et C2 d’utiliser une batterie USB externe mais attention, cette batterie doit être capable de se charger tout en alimentant la caméra sur sa sortie USB; c’est loin d’être systématiquement le cas, il faut donc choisir la bonne batterie.
C’est par exemple le cas de certains modèles de chez Tecknet ou RavPower.

14- En cas de coupure internet, mes caméras fonctionnent-elles encore ?

En cas de coupure Internet, vous ne pourrez plus accéder à vos caméras à distance. Certains modèles peuvent continuer à enregistrer sur une carte SD ou si vous avez un enregistreur ou NAS, continuer à enregistrer en réseau local. Il existe quelques caméras pouvant se connecter en 3G mais c’est très rare. Une solution peut être d’acheter un routeur WiFi (ex: DLINK DWR‑116 ou DWR‑953) équipé d’une prise réseau à relier à la box Internet et une fonction 3G/4G intégrée permettant en insérant une carte SIM avec forfait data de basculer en 3G/4G quand il détecte une coupure de connexion Internet.  Cela permettra de garder un accès distant à la caméra si celle-ci passe par des serveurs « cloud » de la marque (l’adresse d’accès ne changeant pas dans ce cas. Ex: my-foscam.com).

En revanche, si vous vous connectez directement sur votre box Internet via son adresse IP (redirection de port), la connexion 3G/4G de secours disposera d’une adresse IP spécifique et imprévisible car changeant régulièrement. Cela rendra les choses plus compliquées mais tout de même possible à condition de passer par un système de DNS Dynamique (DynDNS, NoIP, etc.).

15- Existe-t-il des caméras invisibles dans une installation pour surveiller son logement ?

Oui, il existe maintenant des caméras plus ou moins invisibles pour surveiller son logement. Elles peuvent être cachées dans un lampe extérieure comme la Présence de Netatmo, dans une ampoule à visser classique (et qui s’allume vraiment) ou même dans un chargeur USB.

16- Pour finir cet épisode, avez-vous un site internet, blog ou autre information à nous partager ?

Notre boutique en ligne : www.domotique-store.fr, notre site de tutoriels : http://tutoriels.domotique-store.fr et le site vitrine de la société Domologique : https://www.domologique.fr.

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A propos de l'auteur

Titulaire d'un BTS domotique ainsi que d'une Licence professionnelle en web marketing et communication, mon objectif est de vous partager mon expérience au sujet du logement connecté et ainsi, vous accompagner au mieux dans vos recherches.

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