Découvrez tout l’intérêt de Ballan Smart Lab, le premier démonstrateur IoT de la Région Centre-Val de Loire.

Décris-nous ce qu’est le Ballan Smart Lab ?

Nous sommes, je pense, dans une première ! Le Ballan Smart Lab est un
démonstrateur dédié à la Smart City/Smart territory, et, fait important, dans un réseau LoRaWAN totalement privé. Il est basé dans la Métropole de Tours sur la commune de Ballan-Miré en Indre et Loire. Nous y avons d’abord installé des capteurs Smart City afin d’étudier le comportement des bâtiments. Puis, à la fin de cette première étape, nous passerons à la partie Smart Building. Soit en prenant des décisions des décisions de bon sens
qui ne nécessite que de la réorganisation, soit nous installerons des actionneurs pour corriger les défauts/améliorations remontées en phase 1.

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Comment est née l’idée du Ballan Smart Lab ?

Comme toute entreprise, nous prospections, et après plusieurs refus, nous nous sommes rendus compte, qu’en tant qu’intégrateurs, nous nous trouvions dans une situation très inconfortable. D’un côté, les industriels disant, à juste titre, que la technologie est fiable et de l’autre, le client final qui ne voit pas l’intérêt ou comment mettre un pied dans la Smart City. Bref, deux mondes qui ne se comprenaient pas, car nous travaillons beaucoup avec des communes de petite à moyenne taille. Nous avons proposé le sujet à la nouvelle municipalité de Ballan-Miré qui a été très motrice dans son lancement. Thierry Chailloux, son Maire, comprenant de suite, l’intérêt d’intégrer un Smart Territory dans une politique de Développement Durable.

Qui participe à ce projet du Ballan Smart Lab ?

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Si l’idée de départ a été de proposer un démonstrateur sur la commune de Ballan-Miré, Enedis (ex-ErDF), a rapidement demandé à nous rejoindre sur l’aspect suivi de consommation énergétique mais aussi Jeedom ainsi que le Cluster Noveco, Cluster dédié au bâtiment sur 3 axes, Efficacité énergétique, Accessibilité et Smart Building. Je trouvais également intéressant d’avoir le triptyque Entreprises/Collectivités/Enseignement supérieur car j’enseigne par ailleurs le Smart Building à Polytech’Tours à des ingénieurs en 5 e année.

Frotter les étudiants à un projet/TP réel, d’autant plus dans ce cadre ouvert du Smart Lab semblait idéal. C’est certes, pour nous, plus de travail, mais le fait de les confronter à des problématiques, quotidiennes pour nous, et non théoriques pour eux, sera formateur pour de futurs ingénieurs. Ils vont donc concevoir quelques capteurs de A à Z. Depuis le PCB jusqu’à la partie logicielle et déploiement sous la bienveillance de leur professeur et nous-
même. Puis nous les intégrerons dans le Lab.

Quelle technologie de communication conseilles-tu et pourquoi ?

D’un point de vue Smart City / Smart Territory, nous faisons appel au LoRa. Avec une bonne gateway et de bons capteurs, c’est une technologie très efficace, ce malgré les masques (parcs, bois, immeubles, dénivelées) qui peuvent exister en urbain ou semi-urbain. Nous nous sommes posé la question de la possibilité de passer par un réseau dit « opéré » type Objenious et l’avons écarté rapidement. Tout d’abord, la carte de déploiement n’est pas du tout pertinente. Les capteurs étaient censés capter mais ce n’étaient pas du tout le cas, sans ajouter de multiples répéteurs. Ensuite, l’idée de partir sur un réseau privé est dans notre ADN. Certes il est plus facile et moins couteux de passer par de l’opéré mais je pense que beaucoup de clients ne se rendent pas encore compte de l’importance économique et éthique de garder leurs données, que ce soit des sociétés privées ou le service public.

Quel est l’intérêt du Ballan Smart Lab ?

L’intérêt du Ballan Smart Lab est multiple. Tout d’abord, malgré la publicité faite autour des Smart Cities que seront Angers ou Dijon, nous sommes les seuls sur ce type de projet, à faire :

  • Appel à une technologie open source (Jeedom pour monitorer l’ensemble + LoRa) qui garantit une liberté totale des Collectivités sur le choix de leur prestataire.
  • Une smart city sur un réseau LoRaWAN privé ne passant pas par un réseau opéré type Objenious et garantissant donc que les données de la Municipalité reste leur pleine et entière propriété puisque stockée sur leur baie informatique.
  • Un démonstrateur où les prospects pourront voir en situation réelle et non pas avec des données fictives le fonctionnement et les informations remontées ainsi que les actions prises.
  • Un projet pédagogique puisque servant de base de travail à des étudiants.

Quelles sont les informations utiles à récolter et pourquoi ?

Toutes les informations sont utiles à remonter. Cependant, nous avons financé seuls ce projet et ne mettrons qu’un nombre restreint de capteurs (consommation d’eau, consommation d’énergie, capteur de composés organique volatiles (COV) et humidité dans les classes, capteurs de températures… Avoir des données brutes ne sert à rien mais les mixer et analyser est très intéressant.

Pour répondre au pourquoi de telles informations, je vais prendre pour exemple une anecdote que nous avons eu. Un matin, les courbes de température et COV sont inversement égales. On se dit que s’il y a une chute des températures, la fenêtre doit être ouverte et donc le taux de COV devrait baisser et non pas augmenter brutalement.

Alors pourquoi ? Cette sonde placée dans la Médiathèque a révélé, après enquête, que les documentaristes ouvraient certes les fenêtres, mais passaient aussi du gel hydroalcoolique pour stériliser les livres rendus la veille. Bref, connaitre la température, parfait ! Connaitre le taux de COV, très bien ! Mais c’est le mix des deux données qui leur donnent de la valeur.

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Pourquoi centraliser les informations autour de la solution domotique Jeedom ?

Je dirais que Jeedom est une solution intéressante à plusieurs titres. Côté client d’abord. Elle permet de proposer un système qui fait que la Collectivité reste libre de son prestataire. S’il y a un nouvel appel d’offre à la fin du contrat, au contraire de ce que qu’elles ont l’habitude de subir, n’importe quelle entreprise compétente peut reprendre le dossier et proposer ses services. Sans compter la possibilité d’avoir une interface complétement personnalisable.

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La DSI de Ballan Miré surveille maintenant l’état de son parc informatique au travers de Jeedom. La gestion de droits permettra aussi au service Patrimoine de regarder l’état de son parc, sans avoir accès à la partie informatique. Tout ceci sur le même matériel et non plus une redondance de services SaaS.

Côté intégration, Jeedom nous permet, via ce lab, de tester un nouveau protocole pour elle : le LoRa. Et le fait de déjà connaitre son interface et ses possibilités en Smart Building, nous fait gagner énormément de temps sur l’aspect Smart City.

Peux-tu nous décrire des capteurs utiles à implémenter ?

Dans le cas d’une Collectivité, il est clair que la majorité de ses dépenses sont de deux ordres. La masse salariale qui ne nous concerne pas et la consommation d’énergie. Nous avons donc implanté des capteurs de consommations afin de les remonter mais aussi, au travers du plugin Jeedom, nous allons bientôt tester la possibilité de remonter la consommation générale de chaque bâtiment afin de suivre les courbes de consommation.

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Le service Patrimoine a aussi, du fait de son expérience, des interrogations sur certains bâtiments d’une trop grande consommation d’eau ici ou là. L’idée est de voir s’il s’agit d’un problème de comportement humain, ou d’un défaut du réseau, voir d’une mauvaise mise à disposition.

Nous allons aussi implanter des capteurs de COV dans des classes d’école. La loi va bientôt obliger les mairies à faire un suivi quinquennal du taux de COV. De mon point de vue, il n’aura aucune valeur si ce n’est celle de l’instant T. Si au jour J il y aura une excellente représentation du niveau. 15 jours voir un an après, si les peintures doivent être refaites ou des tables rachetées, le budget aura été dépensé en vain.

Nous allons aussi mettre des thermomètres en parallèle d’un module de sondage. L’idée est de voir quelle peut être la différence entre la sensation de confort sondée et la température réelle observée. Il fait souvent trop chaud pour les uns et froid pour les autres. Cette étude permettra d’étudier ces phénomènes.

Quelle est la procédure à suivre pour démarrer un projet de Smart City-Smart Buildings ?

Il faut indubitablement se rapprocher d’un bureau d’études et d’intégrations comme le Smartome. Il commence à s’en développer de plus en plus et c’est tant mieux car on arrive encore trop souvent sur des projets qui n’ont pas été pensés en amont. Notre métier est un nouveau métier, certes, mais il réclame des compétences qui sont encore rares au vu du marché à venir en Smart Buildings et Smart Cities.

Ensuite, nous nous rapprochons des clients qui ont une bonne idée de leurs problématiques et nous leur proposons en face des solutions, répondant à ces problématiques. Ils sont bien souvent étonnés de voir ce qu’il est possible de faire dans notre domaine pour les aider.

À qui s’adresse ce type de projet ?

Le tort est de penser que ces projets sont à destination des gros centres urbains. Même une commune de 1500 habitants peut y trouver un intérêt pour avoir sous une seule interface les températures des écoles, le niveau de COV des classes, autoriser ou pas l’ouverture des salles des fêtes, connaitre le niveau des cuves a fuel en temps réel. Ces projets permettent
aussi aux agents de monter en compétence. Il est plus gratifiant d’étudier ces courbes et d’en tirer les conclusions que d’aller relever le niveau de ces cuves sur bloc note, comme on le voit encore.

Est-ce coûteux d’implémenter de l’intelligence dans les bâtiments ou les villes/villages ?

Je vais faire de la provocation : est-ce couteux d’avoir une voiture ? Il va de soi qu’une petite citadine va couter bien moins cher qu’une Ferrari. La vraie question est d’abord de savoir de quoi a-t-on réellement besoin ?

L’intérêt de notre méthode de déploiement est que l’on peut commencer à surveiller toutes les consommations d’électricité en année N, puis l’année N+1 l’eau, etc. Bref, y aller par étape, sans avoir peur 1/ d’être prisonnier d’une technologie, 2/donc prisonnier de son fournisseur. Notre solution rend LIBRES.

Ensuite, nous proposons des locations trimestrielles en plus de l’achat. Il y aura toujours une solution pour qui est motivé par l’intérêt d’implanter ce genre de technologies.

Pour finir, comment faire appel à vos services ?

Le plus simple est de passer par nos réseaux sociaux Linkedin ou Twitter @smartome37 ou encore sur notre site internet smartome.fr. Stayed tuned car le projet va durer quelques temps et nous communiquerons régulièrement dessus sur les phases intermédiaires et finale.

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A propos de l'auteur

Titulaire d'un BTS domotique ainsi que d'une Licence professionnelle en web marketing et communication, mon objectif est de vous partager mon expérience au sujet du logement connecté et ainsi, vous accompagner au mieux dans vos recherches.